1. On raconte qu'aux jours bien éloignés
Où Jésus vivait sur la terre,
On le voyait souvent prendre sur ses genoux
Les enfants conduits par leur mère.
Sur leur tête où sa main se posait pour bénir,
Bon Berger, il disait : "Laissez, laissez venir
Les agneaux dans ma bergerie."
2. Comme aux jours d'autrefois je ne puis l'approcher
Mais voici ce qui me console :
Lui, du haut de son ciel, peut encor me toucher,
Je puis chaque matin le prier à genoux ;
Je puis lui demander sa grâce ;
Et je sais qu'en un jour qui n'est pas loin de nous,
Je pourrai le voir face à face.
3. Je sais que vers son trône accourent chaque jour
Des enfants venus de la terre ;
Et tandis que son cœur les presse avec amour,
Son regard console leur mère.
Je ne veux pas mourir, puisque même ici-bas
Je puis lui parler et l'entendre ;
Mais si la mort venait, je ne tremblerais pas,
Car c'est lui qui viendrait me prendre !
4. Mais que d'enfants, Seigneur, ne savent pas ton nom,
Ne savent pas ton sacrifice !
Pourtant tu ne veux pas, ô Sauveur juste et bon,
Qu'aucun de ces enfants périsse.
Je veux vivre, ô Jésus, pour te les amener,
Pour leur dire que tu les aimes,
Et que c'est aux petits qu'au ciel tu veux donner
Les plus beaux de tes diadèmes !