1. Souvent, Seigneur, en sa détresse,
Un pauvre pécheur ne t'adresse
Pour prière que des soupirs.
Vers lui, plein d'amour, tu t'inclines ;
Quoiqu'il se taise, tu devines
Le secret de tous ses désirs.
2. Mais, ô Dieu, ces élans de l'âme,
Ce cri d'un cœur qui te réclame,
Je ne les trouve pas en moi ;
Toujours occupé de la terre,
Quoique de tout je désespère,
Je ne sais m'élever à toi.
3. Mais quoi ! ce désir que j'éprouve,
Ce souhait qu'en mon cœur je trouve
Ne me viendrait-il pas de Dieu ?
Je disais : Dicte ma prière,
Et tu m'avais, ô tendre Père,
Déjà dicté ce premier vœu.
4. Désormais donc, ô Dieu suprême,
Pourquoi chercherais-je en moi-même
La prière à te présenter ?
De ta grâce je veux l'attendre :
C'est du ciel qu'elle doit descendre,
Pour qu'elle y puisse remonter.